La maladie de Van Neck chez le jeune athlète
Ostéochondrose de la synchondrose ischiopubienne
La maladie de Van Neck est une condition bénigne et transitoire typique de l’âge de croissance, qui peut devenir cliniquement pertinente chez les jeunes sportifs soumis à des charges répétées. Une interprétation clinique et radiologique correcte est essentielle pour éviter des diagnostics erronés et des traitements inutilement agressifs.
Le contexte sportif et le début des symptômes
Le cas concerne un athlète de 14 ans, engagé en compétition, qui pratique le padel environ 8 à 9 heures par semaine. Depuis deux semaines, il présentait une douleur progressivement croissante localisée à la racine de la cuisse droite, avec irradiation vers les versants antérieur, postérieur et médial. La douleur était particulièrement déclenchée lors des accélérations vers l’avant et des changements de direction, gestes typiques du padel.
Aucun traumatisme aigu, épisode d’effort brutal ni événement déclenchant spécifique n’étaient rapportés. Le tableau clinique, initialement peu spécifique, posait un problème de diagnostic différentiel avec des atteintes musculaires, tendineuses ou osseuses d’origine traumatique ou inflammatoire.
Le rôle de l’IRM
L’IRM du bassin a montré un aspect typique de la maladie de Van Neck, avec un élargissement et une irrégularité de la synchondrose ischiopubienne, associés à un œdème médullaire et des signes inflammatoires des tissus adjacents. Ces images, bien que parfois impressionnantes, correspondent le plus souvent à un phénomène de maturation osseuse et de traction mécanique au niveau des insertions musculaires, et non à une pathologie agressive.
Le point clé est d’éviter une confusion avec des diagnostics plus sévères, comme une fracture de fatigue, une ostéite, une infection (ostéomyélite) ou une lésion tumorale. Dans ce contexte, l’association entre clinique (douleur à l’effort, absence de syndrome systémique) et morphologie IRM permet une lecture cohérente et rassurante.
Interprétation correcte et conduite pratique
Une fois le diagnostic posé, la prise en charge est généralement conservatrice. Le repos relatif, la réduction temporaire de la charge sportive et la réintroduction progressive de l’activité sont les mesures les plus efficaces. La physiothérapie peut être utile pour contrôler la douleur, travailler la mobilité et corriger d’éventuels déséquilibres au niveau du bassin et du tronc, afin de limiter les contraintes asymétriques.
Dans le cas présenté, l’objectif est de permettre à l’athlète de reprendre le padel en sécurité, sans sur-traiter une condition qui, dans la majorité des situations, se résout spontanément avec la croissance et une gestion adaptée du charge–repos. L’IRM devient ainsi un outil de clarification : elle confirme une cause bénigne, évite des examens invasifs, rassure l’athlète et la famille, et oriente une stratégie pragmatique.
À retenir
La maladie de Van Neck est une cause classique de douleur inguinale chez l’adolescent sportif. Dans le padel — sport fait d’accélérations, freinages et changements de direction répétés — elle peut devenir symptomatique, surtout en période de croissance et de charges d’entraînement élevées. Reconnaître les signes IRM et les intégrer au contexte clinique est essentiel pour éviter des diagnostics alarmants et privilégier une prise en charge conservatrice, simple et efficace.